Le deuil : un chapitre du livre de nos vies


La vie est une histoire écrite dans un grand livre qui est le vôtre. Il est UNIQUE. Il vous appartient. Le texte coule de pages en pages, ponctué de paragraphes et de parenthèses. De virgules et de points, d'alinéas et de retours forcés à la ligne comme pour faire la place à une aération. Des points de suspension, par-ci par-là pour laisser libre court à votre imagination. Les points d'interrogations et d'exclamations se succèdent, symboles de vos états d'âmes et prises de positions.

Les moments inscrits en italique, parce qu'ils ont été particuliers et uniques ou bien délicats et silencieux. Puis ceux calligraphiés en gras, importants et forts.

La vie est un flot de mots et de lettres entremêlées et tendrement enlacées. Les ratures font parties de l'histoire. Les conjugaisons pas utilisées au bon moment, pas dans le bon temps, mauvaise utilisation de notre grammaire intérieure. Et alors? Qu'importe, vous savez utiliser le PASSE, le PRESENT et le FUTUR. Les trois temps les plus simples pour ne pas trop compliquer nos existences. Ils suffisent au tempo. Les pages de votre livre de vie se tournent au fil du temps, un peu jaunies, cornées et un peu malmenées mais elles restent là, imprimées dans votre coeur. Tous les personnages qui traversent les chapitres de votre livre de vie font de vous ce que vous êtes aujourd'hui. Parfois, il arrive que l'un des personnages importants sorte du roman et pourtant c'était pas prévu au scénario. Il en sort subitement, sans avoir prévenu. Alors les pages se font plus blanches et pourtant si sombres. La vie s'écrit alors à l'encre transparente, on n'y voit rien. La lecture du texte devient difficile voir impossible. On flotte au-dessus des mots. Un long chapitre qu'on appelle DEUIL s'écrit malgré vous mais la force de la vie est plus forte. Un jour, nous comprenons que toutes ces pages blanches marquées à l'encre invisible ont un sens. Nous avons l'impression de trainer la plume qui sert à l'encrier, lourde comme une enclume. Puis, un jour, les pages se colorent à nouveau d'une écriture nouvelle, de plus en plus légère. L'être cher a disparu et ne pourra plus revenir dans votre histoire comme avant. Mais à chaque fois que vous le désirerez, il pourra guider votre plume intérieure, vous aidant à écrire la suite de votre histoire et y tatouer vos souvenirs indélébiles, les plus beaux. Votre histoire est à réinventer car il reste plusieurs tomes à publier chez le libraire de votre choix. Alors vous continuerez à écrire le premier jour du reste de votre vie.

Nous devrions enseigner aux jeunes enfants, la gestion des émotions face au deuil. Cette matière n'est pas au programme et pourtant elle devrait faire partie de l'école de la vie. Elle nous aiderait tellement quand la mort emporte avec elle nos proches. On ne nous apprend pas comment faire. On nous chuchote que ÇA peut arriver mais on ne nous le dit pas clairement. Le tabou est tenace. Ne pas en parler… On ne sait jamais, si la mort s'attrapait comme une mauvaise maladie. Nos comportements hypocrites ne changeront rien à l'issue. Il y a une porte de sortie pour nous tous.

J'aimerais apprendre aux touts petits que la mort fait partie de la vie et qu'une sortie même définitive n'est pas le point de fin à l'histoire. Leur apprendre qu'il existe peut-être une passerelle entre le monde des vivants et des invisibles. Je dis bien peut-être, libre à chacun d'avoir ses propres croyances.

Entretenir les pensées et les bons souvenirs pour ne pas mourir une deuxième fois.

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