L'ECRITURE A DES VERTUS THÉRAPEUTIQUES MÊME POUR LES PLUS SCEPTIQUES.



Je vous propose de fermer les yeux et de pointer avec votre index un mot choisi au hasard dans un bouquin ou un magazine.
A partir de ce mot, écrivez, jetez sur papier tous les mots ressassés et rabâchés 
pour en faire un exutoire, un défouloir.
 Un jus de mots pour soulager les maux, videz dans une passoire et laissez choir les mots coupants comme des lames de rasoirs. Avec ou sans rime, JE avec jeux de mots, prose ou poésie, c’est vous l’auteur. Faites comme vous voulez. Avec ce jeu, les mots ne sont pas faits pour être beaux mais pour faire du bien. Alors à vos plumes, crayons, stylos, claviers!

Partagez avec moi vos écrits, si vous le souhaitez!

Je me suis prêtée à l’exercice avec le mot INTERIEUR :

Le grand ménage de printemps ne s’effectue pas uniquement à période dite. 
En hiver, on peut aussi ouvrir en grand les fenêtres de son intérieur pour y faire rentrer la fraicheur. Trier dans les armoires saturées, tous les vêtements que je ne souhaite plus porter. 
Ceux usés et délavés par le temps. Retirer la couche de poussière sur les étagères de ma mémoire. 
Les résidus, les surplus de ce que je ne veux plus. Ma maison intérieure à besoin d’être nettoyée et astiquée. Je vais commencer par ranger ma bibliothèque intérieure. Celle située au plus profond de moi. 
Les tomes de ma vie écrits en 49 volumes, certains sont lourds comme des enclumes. 
Et ça fait mal de prendre des enclumes sur la tête. Chapitre par chapitre, je procède à un balaye méthodique.
Pour en faire des poids plumes.
 Ça me prend beaucoup de temps. Mais je ne compte pas mes heures quand il s’agit de lâcher les peurs et les rancoeurs, laissées par mes aïeux. Dans RANCOEUR j’entends RENDS à ton COEUR toute la douceur qu’il mérite. C’est alors que je procède au lustrage intensif de la clé qui sert à ouvrir ma boîte à amour. Un peu rouillée par les chagrins, je la frotte à l’huile de lin.
Ainsi nettoyée, sans aspérités, elle pourra rejoindre son écrin. Car un beau matin, je sais qu’une âme heureuse et courageuse saura comment s’y prendre pour me comprendre.
 Alors j’ouvrirai la fenêtre de ma gorge pour y laisser sortir tous les mots de détresse, d’envies et de folies. La mélancolie des moments isolés du reste des gens. La candeur et les phrases sucrées que je suis capable de sussurer à l’oreille de ceux qui aiment le murmure de ma voix. Alors je ne serai plus une guimauve collante laissant juste un bon souvenir un jour de fête. Je serai passé, présent et futur pour ceux qui me choisiront comme leur plat signature.
 C’est à ce moment-là qu’il sera possible de visiter la pièce de mes émotions. Toujours avec passion, sinon je me fane de tant de lenteur. Joie, tristesse, colère, dégoût, peur, toutes joliment repeintes pour restituer leurs couleurs. Jaune, bleue, rouge, verte et noire, toutes ces teintes nécessaires à la palette de mon peintre intérieur. Les couleurs se mélangent entre elles pour créer un camaïeux harmonieux. Ces couleurs émotives, passées des milliers de fois à la machine à laver, nettoyées, rincées et essorées pour finir raides et sèches sur le fil. Alors, on recommence à nettoyer ses émotions colorées, les yeux vissées sur le tambour à roulements, le programme nettoyage sans cesse en mouvements. Faut parfois ajouter un peu d’assouplissant. Parce rien n’est figé et que tout bouge constamment. Et enfin, arrive le temps de fortifier les fondations intérieures en leur passant simplement une couche de considération. L’amélioration de son habitat passe par l’aspiration des négations. Le rangement de fond en comble de son moi intérieur est nécessaire avant d’être dans une trop grande galère. Il y a aura toujours des moutons sous le lit, des traces au sol et des huisseries qui grincent. Parce qu’une maison ça s’use un peu si l’entretien est trop contraint. Mais notre intérieur à tous, contient aussi un jardin intérieur.
A conserver et à garder pour y entretenir ses plus beaux souvenirs. Protégé par une luxuriante verdure et caché du regard par des haies vertigineuses. Escalade impossible pour les plus vicieux. Les envieux et vaniteux qui n’ont d’yeux que pour vous faire ployer sous leurs mots désastreux. Ratissez, bêchez, éliminez les mauvaises herbes pour garder que le merveilleux. Ainsi s’achève l’état des lieux mon intérieur. Je me sens mieux, libérée de mes vieux tapis poussiéreux.
Allégée pour envisager une nouvelle année qui va bientôt pointer le bout de son nez.

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